Interview : Stéphan

Publié le par David

Je vous fais part de ma première interview, n'hésitez pas à me laisse vos commentaires...


INTERVIEW AVEC :

 Monsieur Stéphan RUHLMANN

Le 18 novembre 2006

 

Réalisée dans le bureau de Nateco, par l’intermédiaire de David.

durée : 30min

 

 

Nateco

Bienvenue Stéphan, nous allons faire une interview ensemble concernant ta position, ton sentiment sur l’environnement.

 

N/E : Je te propose de te présenter.

 

Stephan RUHLMANN

Merci à toi David de m’accueillir, j’ai 32 ans, marié, deux enfants, j’habite à Artolsheim dans le Bas-Rhin.

J’exerce la fonction de Responsable Environnement au sein de l’entreprise RICOH Industrie France, basée à WETTOLSHEIM, site de production de matériel, de consommable bureautique et produit thermique.

Je m’occupe entre autres de la gestion des déchets, d’actions d’optimisation, voire réduction, de consommation d’énergie et de ressources naturelles et la réglementation liée à l’environnement.

 

N/E : As-tu des centres d’intérêts particuliers ?

 

Stéphan :

 M’occuper de ma famille, de l’éducation des mes enfants, le sport : foot, course à pied et le partage de bons repas avec des amis et la famille.

Un peu de cinéma et de photo.

 

N/E : De façon globale, te sens-tu concerné par l’environnement ?

 

Stéphan :

Oui, je m’y implique à 100 % dès le début de la journée. Dans l’objectif d’essayer d’améliorer, aussi bien dans ma vie privée que professionnelle, l’action permettant la protection de l’environnement ou de réduire l’impact de notre passage sur cette planète.

 

N/E : C’est donc un perpétuel challenge !

 

Stéphan :

Tout à fait, nous essayons tous les jours chez moi et dans mon entreprise d’améliorer             cet objectif, il y a et il y aura toujours des choses à faire.

A la maison par le tri sélectif des déchets, utilisation de produits dits verts, minimiser l’utilisation de la voiture et bien d’autres choses.

           Au travail par l’amélioration au quotidien la gestion des déchets… aujourd’hui nous                sommes à un niveau donné, demain il faudra l’améliorer encore et toujours…                         constamment avancer, aller de l’avant ! Rien n’est acquis !

 

 

 

N/E : Penses-tu avoir une démarche écocitoyenne ?

 

Stephan :

Oui, je pense avoir une démarche écocitoyenne, qui peut être améliorée, qui peut avoir plus d’envergure. Pour l’instant elle reste familiale. J’essaye en discutant avec la famille, les proches, de les sensibiliser par l’utilisation de produits innovants, plus respectueux pour l’environnement que des produits classiques. Des ampoules à basse consommation, des noix de lavage, remplacement des lessives traditionnelles.

Mais aussi un avis de plus en plus critique vis-à-vis des politiciens, savoir qui serait en mesure « de porter le flambeau » de mettre en place des actions environnementales concrètes dans son programme. En tout cas s’il ne le fait pas lui-même, savoir avec qui, il va s’allier pour mettre en place des actions concrètes.

 

N/E : Dans ta démarche écocitoyenne quelles sont les actions que tu mènes quotidiennement ?

 

Stephan :

Sur les déchets, bien entendu je fais le tri par le biais de la poubelle verte et pour les déchets organiques qui ne peuvent pas être recyclés, j’essaye de diminuer au maximum ce qui va dedans : par exemple en compostant les restes de repas, les pelures, les aliments périmés coupés en petit morceaux, pour réduire la quantité de ces déchets collectés par camion. Ainsi au lieu de sortir la poubelle verte toutes les semaines, on peut la sortir toutes les deux semaines, ça fera des tournées moins encombrées au niveau du transport des déchets avec les camions à ordures. Ensuite par le biais de la poubelle brune, pour tout ce qui est emballage papier, carton, métallique, boîte de conserve et certain plastique.

. La consommation d’énergie, par les ampoules à basse consommation là où c’est possible, au maximum !

 Puis en apprenant aux enfants à allumer la lumière quand c’est nécessaire, éteindre la télé ou un jouet dès lors qu’ils ne l’utilisent plus. Pour réduire la consommation d’énergie et éviter le gaspillage.

. Au niveau du chauffage, on utilise le chauffage à bois avec des convecteurs électriques si vraiment nécessaire. Le chauffage au bois en terme d’émission de CO2 (dioxyde de carbone), on va dire que c’est une balance nulle puisque le CO2 qui est rejeté, c’est le CO2 absorbé par l’arbre lors de la photosynthèse.

 

N/E : Dans ses actions tu les partages, tu sensibilises ton entourage ?

           

Stephan :

Oui, par exemple pour les lampes, le tri des déchets, ce sont des choses simples que nous pouvons mettre en place, c’est à la portée de tout le monde. Que ce soit dans mon entourage proche ou au travail, j’essaye de faire la promotion de ce genre d’action.

Ensuite au niveau du transport, je fais un trajet multimodal pour me rendre au travail : Artolsheim-Sélestat en voiture, Sélestat-Colmar en train, gare de Colmar-Ricoh en vélo. Ce qui me permet d’économiser dans le mois un plein d’essence. Quelque part cela permet aussi de prendre un peu l’air.

 

N/E : As-tu des craintes pour le futur ?

 

Stephan :

Oui, sans tomber dans la psychose ou le catastrophisme, mais c’est vrai que les derniers documentaires que j’ai pu voir, le constat de certaines personnes comme Nicolas HULOT ou Bertrand ARTUS. Montrent qu’en l’espace de 10-20 ans l’impact sur la biodiversité est énorme par la disparition et la menace sur certaines espèces.

 

N/E : Oui c’est clairement mesurable !

 

Stephan :

Oui, c’est indéniable, c’est visible, comme l’histoire des neiges du Kilimandjaro qui en 20 ans ont quasiment disparues, puis tout ce que l’on peut entendre sur la pollution, l’effet de serre sur le point climatique, là aussi c’est discutable.

 

N/E : C’est discutable, on a actuellement des scénarios, mais on n’a pas de base de travail pour faire des transpositions. La planète a eu pas mal de bouleversement climatique où l’homme n’était pas encore là. Après est-ce qu’on l’accélère ou pas ? C’est à partir de ça qu’il ne faut pas tomber dans la psychose, rester les pieds sur terre, se documenter. C’est clair que la production de CO2 depuis 1950, l’après guerre, l’industrialisation massive, n’ont pas aider les choses. Sur la biodiversité on peut mesurer, on peut voir, on peut le sentir, le constater pour ce qui est du réchauffement climatique, c’est déjà plus difficile et discutable.

 

Stephan :

C’est vrai, c’est vraiment lié aussi à l’instrumentalisation et des instruments de mesures qui permettent depuis récemment de chiffrer l’augmentation de la température. On ne peut pas remonter indéfiniment dans le passé, donc c’est sûr, il est difficile de comparer l’état actuel par rapport au passé.

Mais ce qui est clair, en étant un maillon de la chaîne de la biodiversité, même en mettant de côté le réchauffement climatique, même si l’on dit que quelque part c’est quelque chose de cyclique et de normal sur la planète terre, on peut pas se voiler la face et on ne peut pas nier que notre activité industrielle et notre mode de vie n’a pas d’impact sur la planète. On ne peut pas le nier, quand on entend des chiffres par exemple pour la population française, même mondiale, pour qu’elle continue à vivre en fonction de comment elle se chauffe, se déplace et comment elle se nourrit, il nous faut 3 planètes identiques pour survivre et ça aujourd’hui c’est pas le cas, donc il est clair qu’il faut qu’on se prenne en main. Ceci est indéniable.

Donc les craintes oui j’en ai par rapport aux générations futures, à nos enfants, qu’est ce qu’on va leur laisser d’ici 20-30-50-70 ans. Comment ça va se passer, malheureusement nous serons plus là pour le constater, éventuellement dans le pire des cas une catastrophe, un déclin général, global.

Mais c’est vrai que je me pose des questions.

 

N/E : De les sensibiliser et de les impliquer, c’est déjà une bonne chose pour leur génération, qu’il y baigne dès leur plus jeune âge, dans leur sensibilité et par la facilité de compréhension par leur jeune âge. Si c’est fait de façon pédagogique, on peut rentrer dans une sensibilisation à l’environnement.

 

N/E : Comment penses-tu qu’à notre niveau on puisse faire bouger les choses ?

 

Stephan :

A notre niveau, comme on a dit avant, par la sensibilisation de notre entourage, des proches, enfin des enfants pour qu’ils soient sensibilisés tout jeune sur ces problèmes là. Que cela devienne automatique et puis pour changer un peu les mentalités.

Que ce soit pour la prévention routière ou les dérives par rapport à l’alcool sur les jeunes, c’est vrai qu’il y a différents thèmes qui sont abordés en classe à différentes tranches d’âges, on sait que le support d’information qu’est l’enfant à toujours un impact, parce que derrière ils peuvent naturellement corriger leurs parents ou les adultes lorsqu’ils constatent qu’ils font quelque chose de contraire à ce qu’on a pu leur dire à l’école ou par un informateur qui passe pour délivrer un message.

Donc déjà les enfants, ensuite l’entourage proche, puis ensuite agrandir sa spirale par le milieu professionnel. Puis par les moyens d’aujourd’hui avec Internet, n’importe qui peut envoyer un message que ce soit en français ou en anglais pour promouvoir des actions qui peuvent avoir un impact, ou au contraire dénoncer quelque chose, une dérive d’un système qui tourne mal, d’un industriel qui pollue etc…, aujourd’hui nous avons les moyens de faire bouger les choses. Puis il y a des associations qui existent déjà.

 

N/E : En terme d’association est-ce que tu es intéressé pour un engagement ?

 

Stephan :

C’est clair que ce serait le cheminement normal de par mes convictions, mes valeurs, après c’est par soucis de temps pour l’instant, avec la famille qui prend une part de temps non négligeable et en ayant d’autres activités à côté. C’est vrai qu’aujourd’hui un engagement associatif m’intéresserait, mais c’est le temps à y consacrer qu’il faut trouver. Mais ça peut aussi passer par un vote utile, déjà ce geste civique peut avoir un poids non négligeable.

 

N/E : Sans tomber dans la caricature de l’Ecolo !

 

Stephan :

Exactement.

 

N/E : En ce qui concerne le site Nateco as-tu des idées, des centres d’intérêts pour améliorer sa communication ?

 

Stephan :

J’y suis allé tout récemment, j’ai vu qu’il y avait des choses intéressantes, comme le clip vidéo de la fondation de Nicolas HULOT , des photos de sites qui existent tout près de chez nous qui montre qu’on peut trouver des choses naturelles qui n’ont pas été touchées par l’homme, des supports vidéos…

 

N/E : Mais plus concrètement en environnement, comment transmettre aux gens, sans utiliser le jugement, la notion de bon sens, bouleverser certaines habitudes pour réduire nos impacts.

 

Stephan :

C’est quelque chose qui va se développer chez Ricoh Industrie France, mais cela peut être le cas pour n’importe qui.

Au travers de toutes les informations que tu peux mettre sur le site, ce qui peut être intéressant sont les actions que chacun peut mener chez lui, et qui peuvent être facilement mise en place, ou utiliser des produits innovants, les produits «verts », en faire la promotion au travers du site.

Par exemple les noix de lavage, qui peuvent remplacer la lessive traditionnelle, personnellement je les utilise, j’y rajoute quelques gouttes d’huiles essentielles pour parfumer le linge, il existe aussi un détachant vert.

Ces produits ne sont pas plus chers, même moins chers que les lessives classiques et sont tout aussi efficace. Avec un kilo de noix de lavage on peut tourner quasiment un an, ça se trouve au Rond point pour 12 euros.

On peut partager ce genre d’information, pour les endroits ou l’essence est moins chers, utiliser des ampoules à basse consommation, où on peut les trouver et à quel prix. Ou dès qu’un habituer du site à une information la faire partager. Ensuite ça peut vite faire une toile d’araignée et étendre les actions Ecocitoyennes.

 

N/E : Effectivement le bouche à oreille fonctionne bien…

 

Stephan :

Après il peut y avoir le revers de la médaille, certains peuvent se demander à quoi sert de faire des efforts, si de l’autre côté de la planète il y a un président qui n’a pas forcément les mêmes idées et qui ne signe pas un protocole de Kyoto et qui ne fait pas d’effort en demandant à ses industries de réduire les émissions de gaz à effet de serre, ou en essayant de limiter les dégâts.

 

N/E : Oui, mais là on se justifie, de cet état de faits, par contre comme Arnold SCHWARTZENEGGER fait bouger les choses. Sa loi n’est pas complètement en accord avec le protocole de Kyoto, mais il fait quand même une loi qui est vouée à diminuer de 25% l’émission de dioxyde de carbone. Ca commence à bouger, Outre Atlantique.

A partir de là on peut pas se justifier de dire pourquoi je veux faire du compost alors que ça ne fait pas diminuer mon prix de poubelle, faut à un moment se sentir concerné ! Et aller de l’avant, rester concret et arrêter de râler.

 

Stephan :

Oui, tout à fait.

 

N/E : Voilà Stephan, je te remercie d’avoir partager ce moment avec moi.

 

Stephan :

Merci David, pour cette initiative.

 

N/E : Une dernière question, cette interview, t’as permis de t’exprimer librement ? Peut-être pas forcément tout dire !

 

Stephan :

Oui, tout à fait, au moins dire les choses qui me paraissent essentielles. Qui n’auraient pas pu être exprimé il y a 3 ou 4 ans. Je me sens dans ce genre de démarche impliqué, ce genre d’interview est nécessaire pour faire évoluer les choses entres personnes concernées et impliquées. Pour vraiment constituer un force pas de persuasion ni une force d’opposition mais une masse de gens convaincus et ayant conscience de l’importance de faire bouger les choses.


 

Merci à Maria pour la retranscription.

 

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D
Y a pas à dire les interviews c est vraiment une riche idée !!Je pense que ça va être ma rubrique préférée.Chapeau à Stephan pour être passé en premier, ça n est jamais évident.Juste un petit point qui m a interpellé, le paragraphe sur le consommation de bois. Le bilan zéro n est pas réel.Si aujourd hui le taux de CO2 augmente c est que la consommation en CO2 de la biomasse planétaire est à saturation donc rajouter du CO2 c est rajouté du CO2 qui ne sera pas fixé par la photosynthèse. Si tu veux réellement un bilan zéro il faut que tu plantes quelques arbres pour qu ils fixent le CO2 que tu génères personnellement dans ton poële et la boucle sera bouclée même si ce n est qu à court terme.Encore merci à David et à Stephan pour ce moment de réflexion
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